Un jardin en sol vivant : janvier

Je vous propose de suivre, au fil de l'année, les étapes possibles d'une culture potagère en sol vivant. Les exemples présentés n'ont pas force de loi mais répondent aux besoins de la vie du sol.

Quelle est cette vie du sol ?

  • Les champignons attaquent la lignine (partie dure du bois). Ils constituent un réseau d'échange de ressources en eau ou en nourriture entre les plantes (encore plus indispensable pour les plantes pérennes comme l'arbre).
  • La faune épigée (de surface) regroupe un cortèges de petits animaux qui mangent et déféquent la matière organique déposée sur le sol (les dechets des uns sont les ressources des autres). Cette chaîne alimentaire crèe l'humus.
  • Les bactéries fabriquent les éléments necessaires aux plantes (28, les plus connus sont le NPK : azote, phosphore et potassium) et assurent l'échange nutritionnel entre le sol et les plantes. Les bactéries présentes en profondeur attaquent la roche mère avec les racines des arbres pour créer l'argile.
  • Une mention spéciale pour le vers de terre qui peut mélanger l'argile à l'humus créant ainsi le complexe argilo humique, le sol équilibré que nous souhaitons !

Quels sont les besoins de la vie du sol ?

  • Les champignons ont besoin de carbone : paille, feuilles mortes, tout végétal sec brun et mort
  • La faune épigée se nourrit en partie de champignons et des végétaux verts ou sec déposés sur le sol
  • Les bactéries se développent dans un sol avec les racines actives de plantes vivantes. Les matières riches en azote (vert, tendre et jeune) favorisent leur présence.

La nature répond à ces besoins avec une stratégie : couvrir le sol. Cela peut prendre deux formes, dans nos régions : la forêt ou la prairie. Un sol n'est jamais à nu à l'état naturel, si le cas se produit (glissement de terrain ou intervention de l'homme) les graines en dormance se reveillent et occupent le terrain pour céder la place à d'autres plantes de plus en plus pérennes jusqu'à la forêt : c'est la succession écologique.

Je vous propose d'appliquer cette stratégie dans notre potager. Pour cela, il nous faut de la matière organique riche en azote (dechets de cuisine) et de la matière organique riche en carbone (paille). Ceci n'est qu'un exemple, nous aurions pu utiliser de l'herbe fraîchement coupée et des feuilles mortes etc... Afin de conserver une vie bactérienne, j'ai repiqué des herbes à taupes (plantes rustiques en cette saison) qui poussaient dans l'allée. Cette fonction peut aussi être remplie par le sommet de légumes racines tels que la carotte, navet, radis etc... planté dans le sol (les feuilles poussent avant l'apparition de nouvelles racines).

Janvier offre un bon moment pour multiplier les plantes vivaces. Après avoir déterré des racines de consoude, je les coupe en plusieurs morceaux qui vont, à leur tour devenir un nouveau plant. La plantation se termine par un leger paillage bien entendu !

Un autre exemple : l'artichaut fait chaque année des rejets qui deviennent à leur tour de nouveaux plants. Il suffit de séparer le rejet du pied mère, le parer (retirer les grosses feuilles) et il est prêt à être planter.

Les plantes vivaces sont intéressantes car elles limitent le travail du jardinier et constitue une résèrve d'abondance pour échanger avec d'autres jardiniers...

En cette fin janvier, il est possible de planter les premières pommes de terre. Pour cela, je couche les anciennes plantes de la planche de culture (sans les arracher), je rajoute des herbes que j'ai sorti des allées et des planches avoisinantes (apport en azote et nourriture vie du sol).

Je couvre avec un carton percé qui va bien occulter la lumière et empêcher l'apparition d'herbes sauvages.

Je plante les pommes de terre dans les trous juste posées sur le sol et recouvre le tout avec un bonne couche de paille (20/30cm) pour résister au froid.